« Very Very Lucky »

6 mai 2015

Carnet de Bord

Ca y est on est dans l’hemisphere Sud ! Il y a beaucoup a dire depuis le dernier article, vous pouvez aller vous servir un petit cafe avant de commencer !

Finalement, on trouve un bateau pour Dumai (Sumatra, Indonesie) a Port Dickson. On arrive donc sans probleme a Dumai, ou on expedie les formalites administratives, les rayons X et les fouilles des sacoches. Un type semble nous attendre, et vient a notre rencontre des notre arrivee : il nous propose de le suivre jusqu’a chez son frere, prof d’anglais, qui pourrait nous heberger gratos (on veut rester a Dumai le temps de changer la transmission de Tania). Ca parait louche au depart mais en fait c’est tout bon ! On rencontre Muchsin, prof d’anglais donc, qui depuis 1990 a herberge des centaines de voyageurs en echange de quelques heures de discussion avec ses eleves ! Magnifique initiative, et ca marche super bien, les eleves sont super contents de discuter avec nous et nous de meme. On finit par tisser quelques liens et on ira tous ensemble a la fete de Dumai, le soir meme : on est tombe pile le bon jour ^^. On adore deja l’Indonesie, les gens sont hyper simpas et accueillants, pendant cette soiree il sera hors de question de payer quoi que ce soit : encore une fois l’hospitalite musulmane… et c’est pas fini !

Retour sur la route le lendemain, une fois le velo de Tania remis a neuf. On fait 50 bornes dans l’apres-midi au milieu des plantations de palmiers a huile, et ce paysage sera le meme sur environ 300 km. Il n’y a que ca !!! C’est la « premiere source de corps gras vegetal sur le marche mondial », et un des grands responsables de la deforestation. Sur la route, le traffic est incessant : 1 camion de bois, 3 camions de fruits de palmiers a huile, 1 camion de bois etc. Le soir, on campe donc dans un de ces champs, car encore une fois ici il n’y a QUE ca. La chaleur est etouffante, on sue des litres, et on est heureux de pouvoir enfin se vautrer sur nos matelas. Puis, tout commence.

Au loin, on entend l’orage. Ca se rapproche. Puis le deluge. Des trombes d’eau. De violents eclairs qui semblent s’abattre juste a cote de le tente. On entend des enormes craquements (le lendemain, on verra de nombreux arbres a terre). C’est la tempete. On se fait tout petits dans la tente et on espere qu’elle tiendra le coup. Et qu’on ne sera pas foudroyes ou ecrase sous un arbre. Bref on est pas au top ! Apres une demi-heure, il y a de l’eau dans la tente, on tate le sol et on se rend compte qu’on est dans une mare ! Je regarde dehors : on est en fait au milieu d’une riviere ! C’est la panique, dehors toutes nos affaires sont completement immergees. Comme on commence a bouger, la tente prend l’eau (jusque la, en fait on flottait ! bravo la tente au passage, du bon matos : ref. MSR Hubba Hubba NX). On sort de la, toujours sous le deluge, et on commence a tout mettre a l’abris de cette riviere de 10m de large tout juste nee. On a de l’eau aux mollets (aux genoux pour Tania ^^). Absolument tout est trempe. Appareils photos foutus. Telephone de Tania foutu. Passeports en partie illisibles. C’est la nuit noire mais les eclairs nous font voir comme en plein jour. Et alors qu’on s’affaire a sauver ce qui peut l’etre, une vive douleur au pied me fait sursauter. Je regarde. 2 trous. C’est pas bon. On arrete tout et on part chercher de l’aide. On rejoint la route. Personne ne s’arrete malgre les gestes de Tania. Sous la tempete, on marche. La douleur monte jusqu’au mollet. Puis on apercoit de l’autre cote de la route un homme en blanc sur le pas de sa porte. On marche vers lui comme des naufrages vers une bouee. Il ne parle pas anglais mais on lui fait vite comprendre la situation, et il nous fait entrer immediatement. Il appelle sa femme et ses enfants et nous fait asseoir dans sa petite piece a vivre eclairee par une lampe a huile faite maison. La douleur prend deja toute la jambe, sa femme arrive et s’occupe de tout. Elle fait un garot au dessus de la cheville, me fait boire quelquechose de bizarre puis l’applique longuement sur la morsure, en y ajoutant du sucre. A la lumiere de cette petite flamme, l’ambiance fait penser un a un vieux tableau. La maisonette est de planches et de toles, le sol en beton. Personne ici ne parle anglais, tout le monde reste silencieux. Les 2 fils nous emmenent en camion voir le medecin du village, mais il est absent. Ma jambe est tremblante. Retour a la maison. Je ne me sens pas pire et je sais que ca va aller. Il n’y a qu’a attendre.

Tania et un des fils partent chercher toutes les affaires laissees en plan, et a leur retour, nos hotes poussent la table basse, posent une planche d’agglo et un morceau de lino par terre. On dormira la. Tout va bien. Au petit matin un gars qui parle anglais arrive, du coup on peut discuter un peu. D’apres eux, la morsure est surement celle d’un cobra, ou peut etre d’une vipere, mais comme on etait dans l’eau je n’ai pas pu voir la bete. Toujours est-il que ce gars me confirme que j’ai ete « very, very lucky ». Alors pourquoi ca n’a pas ete pire que ca ? On n’en sait rien, peut-etre que le serpent etait un jeune, ou qu’il n’a pas eu le temps d’innoculer tout son venin. Ou peut etre que sa morsure n’est pas mortelle, ou que le remede de cette femme a ete efficace. On n’en saura jamais rien. Surement qu’il faut plus qu’un grand vers pour venir a bout d’un Letanoux ! Cette famille que je ne remercierai jamais assez nous offrira un dernier cafe avant que l’on reprenne la route. On restera quand meme une journee a l’hotel pour se reposer un peu et tout faire secher !

On sort enfin de cette grosse route et on part a l’assault des collines de Sumatra. On se regale sur les petits marches de villages, et on passe pas mal de temps a discuter avec les Indonesiens, extremement sympathiques, simples, genereux, le contact facile, bref on continue d’adorer l’Indonesie ! Sur la route les « Hello Mister » fusent de partout accompagnes d’innombrables klaxons, ainsi que les « How are you Mister ?! », on entend aussi « Who are you ? », « Where are you ? » et certains ont meme entendu le plus philosophique « Why are you ». Puis, apres avoir un peu derange un varan d’1m50 qui dormait la ou on voulait poser notre tente, on poursuit vers Pangkalang notre chemin vallonne et borde de lacs. Apres Pangkalang, on veut trouver un spot assez tot car on enchaine les journees de 100 bornes et plus depuis quelques jours, quand on tombe sur une grimpette qui n’en fini pas et qui ne laisse aucune place a un hypothetique endroit simpa ou planter la tente. Donc on grimpe encore et encore sur 10km puis on s’arrete prendre un cafe. Les gens nous expliquent qu’il y a encore 10km avant d’arriver au col, et le nuit commence a tomber. On est invite a rester dormir ici ! ouf. On demande si l’equateur est encore loin, et en fait on l’a passe il y a 2km =) Bienvenue dans l’hemisphere Sud ! On passera la soiree avec cette famille, a discuter, faire de la musique et regarder du catch. Ici, les hommes dorment dans la piece a vivre sur un tapis, les femmes dans une autre piece (dont je ne sais rien). Le matin, on prend le petit dej dehors en regardant les singes s’amuser dans les arbres de l’autre cote de la route ! On en verra beaucoup d’autres par la suite. Ici la nature est tres forte, il y a beaucoup d’animaux (serpents, araignees, varans, insectes, singes, tigres, elephants, rhinos …), beaucoup de jungle, et les elements climatiques sont puissants (pluies ou orages de moussons, tremblements de terre, tsunamis …). On termine cette grimpette, la-haut on est au-dessus des nuages et la vue est splendide, pour nous la montagne c’est vraiment ce qu’il y a de plus beau. Il y aura encore un peu de descente, un peu de montee puis beaucoup de descente (50km avales en un peu plus d’une heure) avant d’arriver a Padang en bord de mer.

Direction Benkulu, par les montagnes biensur, puis on va se diriger tranquillement vers Java pour retrouver … JakaJakarta !

 

Bon vent ! mais pas trop quand meme…

 

 

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11 Réponses à “« Very Very Lucky »”

  1. Panic's Dit :

    sal’s petiot, ça fait plaiir d’avoir de tes nouvelles de temps en temps. on est en wix de fam’s tout le monde te passe le bonjour, meme si lesderniers petiots ne te connaissent pas. sacrée aventure ton tour à vélo, fait quand meme gaffe à toi. Bonne route

    Répondre

    • carouleunmax Dit :

      Sal’s a tous ! idem ca fait plaisir d’avoir des nouvelles, j’espere que comme d’hab vous avez fait ouiner la fam’s ^^ Je compte repasser par Boquette a mon retour, ce sera l’occasion de faire connaissance des nouveaux petiots, et surement des suivants !

      A+ !

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  2. Marraine Dit :

    Garde la formule magique pour vaincre la morsure de cobra y a pas de doute mon maxou t es le plus fort à+ gros bisous.

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  3. cousin Loïc Dit :

    Pov’ cobra!!! Tomber sur un LETANOUX en pleine jungle !

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  4. soeurette Dit :

    Fais attention à toi quand même
    Bisous

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  5. soeurette Dit :

    Je vais retenir que tu t’es fai mordre par un cobra c’est plus stylé … ;) Les Letanoux c’est des solides tkt !

    Répondre

  6. l'ami molette Dit :

    ouaa, chaud! Content de voir que vous n’avez rien finalement ;-)

    Bon vent

    PS: t’as oublié le lien des photos

    Répondre

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