La pause La Paz

3 juin 2016

Carnet de Bord

Oh que c´est beau c´est beau c´est Bolivie …

Et quel bonheur d´ecrire un article avec mon meilleur pote Jako qui me joue du piano en direct … c´est beau !

Perches entre 3600 et 4400m d´altitude, on a sillonne l´Ouest de ce pays qui s´etend des Andes a l´Amazonie, et sommes restes sur les hauteurs de ce qu´on appelle « l´altiplano » bolivien. Un mois tres riche en paysages, depaysement et decouverte de la culture bolivienne qu´il faut aller chercher tout la bas au fin fond de la pampa.

On entre en Bolivie a Villazon, la ville frontiere juste en face de La Quiaca, sa voisine argentine. On se dirige vers Potosi, et on en prend deja plein les yeux, et plein les pattes ! Ca commence tranquillement par un peu de rusticite a la Bolivienne et quelques villages perdus dans la pampa. Ici, on peut deja voir la facon de vivre traditionnelle, avec les vetements typiques et colores, et une simplicite de vie qui parfois nous depasse. Un peu d´agriculture et d´elevage de lamas, une petite maison en terre et voila. C´est l´hiver, et ici ca veut dire climat tres sec et froid la nuit. La journee le Soleil tape toujours fort, mais des qu´il se couche, la temperature degringole et passe vite en dessous de zero, et peut etre jusqu´a -10 /-15 la nuit. Depuis qu´on est en Bolivie on n´a trouve que des bouteilles de glace en se levant le matin ! En arrivant sur Tupiza, on croise de nombreux blocages routiers : il y a des problemes d´eau dans la region, ou des lacs et des rivieres se sont asseches, donc les gens gueulent pour avoir de  l´eau. Ca c´est pas tres depaysant quand on est Francais ! Y´a que le motif qui change. M´enfin a velo on passe partout meme a travers les barrages et on peut profiter de la petite route qui serpente dans une tres jolie vallee, entouree de montagnes tres raides et ponctuee de petits villages qui semblent pour beaucoup bien morts … On attaque ensuite toute une partie tres vallonnee, ou lorsqu´on descend d´un col on voit deja le prochain qui nous attend. Apres une derniere journee de grimpette on arrive sur les hauteurs qui entourent le Cerro Rico : montagne qui domine Potosi et qui regorge (ou plutot regorgeait) de minerais allant de l´argent au cuivre en passant l´etain. C´est important a signaler pour comprendre pourquoi une ville aussi importante est situee dans un lieu aussi peu hospitalier (4100m d´altitude, pas de cours d´eau…). Potosi est une ancienne capitale miniere d´Amerique du Sud, et les colons sont venus exploiter pendant longtemps les ressources du Cerro Rico. La ville est donc un etonnant melange de batiments coloniaux (dans le centre on se croirait en Espagne) et de gros village bolivien, on a beaucoup aime, surtout les petits marches caches au milieu d´un dedale de ruelles. Aujourd´hui, la ville vit encore beaucoup de sa montagne, et des restes de minerais qui s´y trouvent.

On repart vers Uyuni la fleur aux pedales, car on sait qu´on va descendre de 500m. La route sera en fait beaucoup plus appreciee des yeux que des mollets ! Ca n´en finit pas de monter et descendre ! Aussitot arrives en haut d´un col, on redescend et on recommence… On profite quand meme de magnifiques panoramas sur ces hautes montagnes. Dans une auberge, on recroisera par hasard Daniel et Jacqueline, un couple de Suisses tres cools qu´on avait rencontres dans le Nord de l´Argentine, l´occasion de passer une bonne soiree et d´echanger des tuyaux sur la route ! Les jours avant Uyuni, on se tape pas mal de vent de face, ce qui rend la progression d´autant plus lente, et on arrivera finalement a Uyuni au terme d´une derniere journee que je qualifierais d´Hardcore.  On finira tous sur les rotules apres quelques dernieres grimpettes sous un violent vent de face, mais meme sur des rotules ca roule toujours ! A Uyuni, on voit pour la premiere fois la Bolivie touristique : c´est la porte d´entree du plus grand desert de sel du monde, et beaucoup d´expeditions en 4×4 partent d´ici pour aller sur le « Salar ». Apres un peu de repos, on partira nous aussi a l´assault du salar d´Uyuni. On fait une petite etape a Colchani dans une auberge toute en sel : murs, table, lits etc. sont faits de gros blocs de sels ! On attaque le desert un vendredi 13, et ca nous portera chance : on aura le luxe de traverser ce salar sans une brise ! Le vent est ce que nous redoutions le plus, car il nous empecherait d´avancer suffisamment vite pour traverser le salar dans la journee et nous obligerait a camper en plein vent froid. Au final on s´est meme offert le luxe d´y camper et de profiter d´une nuit calme et etoilee. Cette traversee restera un des plus beaux et singuliers souvenirs du voyage. C´est une sensation incroyable que de rouler sur une telle etendue toute plate et toute blanche, sans aucun repere visuel. Du billard. On peut rouler les yeux fermes ! L´experience du salar se rapproche un peu d´une navigation terrestre : comme sur la mer, on peut prendre n´importe quel direction, et plutot que de faire demi tour si on se trompe de cap, on peut corriger le tir et s´orienter a la boussole (contrairement aux rumeurs, la boussole fonctionne sur le salar). Dans ce calme plat, le monde entier semble tout blanc et on se sent vraiment petit.

On ressort du premier desert de sel en visant le volcan Tunupa, pres duquel se situent des villages et donc des entrees/sorties. Car le probleme avec les salars, c´est que les bords sont souvent plus mouilles et donnent comme une boue de sel dans laquelle il est difficile de rouler…il faut donc trouver les petites routes amenagees expres pour pouvoir entrer/sortir. Avant d´attaquer le salar de Coipasa, on contourne le Tunupa par l´Est, sur des petits chemins assez techniques qui nous donnent l´impression qu´on fait le Dakar. On se perd un peu sur ces petits sentiers avant de finalement faire un tout-droit a la boussole pour retrouver notre route. Le deuxieme salar … ressemble assez au premier. Il est aussi tres blanc, mais pas plus blanc que blanc non plus. Il est un peu plus petit et la aussi on aura la chance de le traverser sans vent, a part les 5 derniers kilometres avant Coipasa qu´on prendra une petite heure a parcourir, comme si notre destination faisait de la resistance en nous soufflant dessus. Ca ne servira a rien car on y arrivera quand meme, et meme qu´on s´y requinquera avec une petite soupe de quinoa et une fricassee de lama ! A noter que le quinoa et les lamas sont a peu de choses pres les seules activites de cette region. De Coipasa, on rejoint Sabaya en coupant a travers le dernier morceau de salar. C´est la qu´on retrouve du reseau et qu´on apprend la naissance du petit Leon ! Ca sera fete dignement en compagnie de Bryan, un cyclo americain rencontre un peu plus tot sur la route. A des milliers de kilometres et avec 2 jours de retard, je partage la joie de mon frere et Marie. Un Letanoux de plus sur notre belle planete. Tonton Maxime ne se levera pas tot pour repartir le lendemain matin…

Un peu plus tard que prevu, on continue notre route vers le Nord, dans la campagne profonde bolivienne le long de la frontiere avec le Chili. Les premiers jours sont laborieux car on a une route toute pourrie de sable/cailloux en tole ondulee et avec du vent de face. Oui cette fois on cumule. L´avancee est difficile, et pas tres agreable et les paysages ne nous ravissent pas plus que ca. Bref on a eu quelques journees pourries. On fait quand meme quelques belles rencontres dans des tout petits villages et on a generalement ete bien recu partout. Les gens paraissent froids au premier abord mais ils sont toujours contents de discuter un peu et en tous cas on n´a jamais eu de mauvaises rencontres. En remontant vers le Nord, on reste dans la cambrousse mais la route reste technique mais devient plus simpa,  on est tres tranquille (2-3 bagnoles par jour) au milieu des montagnes, des lamas, alpagas et autruches, et on arrive au bord du lac de Macaya ou se desalterent plein de flamands roses ! Niveau bouffe, on galere un petit peu dans ces coins la car les petits villages n´ont pas grand choses a part des biscuits et du soda. On ne s´en sort pas trop mal quand meme, grace a nos reserves de haricots secs, farine etc. Ca nous arrive souvent de faire des chapatis ou du pain frit pour le matin, et quand on a de la chance Tania fait des brownies =) Sinon les pates/riz a l´ail sont au menu un jour sur deux ^^. Apres une derniere journee de ripio, et une petite grimpette a 4400m, on arrive a Tambo Quemado avec une vue imprenable sur le magnifique volcan Sajama et ses 6500m, et on retrouve l´asphalte par la meme occasion. On fera 130km qui font presque du bien aux fesses apres les derniers jours de route difficile, mais on perdra en tranquilite car on a rejoint un des axes principaux pour aller au Chili : la route est pleine de camions/bus etc. Malgre tout, c´est une route super a faire a velo, car il y a un peu de relief mais sans trop, et des formations geologiques tres etonnantes se succedent. On descend ensuite une magnifique vallee pleine de lamas et d´alpagas, et peu apres on quitte la route principale pour repartir sur du ripio.

La route se corse, ca monte et descend beaucoup et on est souvent obliges de pousser nos becanes, puis on arrive par chance dans un petit village ou c´est la fete ! Fanfare, defiles et taureaux au programme ! Tres folklo ! On finit la journee en arrivant sur Corocoro au coucher du Soleil, avec une tres belle vue sur ce village vraiment pittoresque. On la surprise le soir de rencontrer dans ce village minier un Francais, Quentin, qui fait son stage dans la mine =) Etonnant de voir un Francais dans un coin aussi paume, en tenue de minier ! Apres cette belle rencontre, on rentre chez la vieille chez qui on a trouve ou loger. Il est 21h30 et ici c´est a peu pres comme si il etait 3h du mat … personne dans les rues et impossible de reveiller la vieille pour qu´elle nous ouvre … on finira par passer par dessus la grille ^^. On recupere une route d´asphalte apres Corocoro et ca redescend tranquillement sur La Paz. L´arrivee a la capitale est assez longue et laborieuse car la ville s´etend beaucoup. Juste avant la derniere descente, on a une vue imprenable sur cette ville etonnament nichee au fond d´une cuvette. On n´y reprend des forces avant de reprendre notre route vers le Perou ou mes parents nous rejoindront d´ici 1 mois, avec dans leurs valises j´espere beaucoup de fromages, et des pneus neufs ! Pour info, je roule toujours avec le pneu a pas cher trouve en Argentine… pas cher certes, mais je paye en coups de pompe ce que j´ai economise en argent… il y a eu beaucoup de crevaisons pour moi en Bolivie, je pompe presque tous les jours ! Bref je garde la forme ^^. Et ca roule toujours.

Il ne reste qu´a trouve la motivation de ressortir de cette cuvette pour aller vers le Titicaca !

Allez, bon vent !

Photos :

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10153525969747073.1073741831.702487072&type=3

Tonton Maxime

 

PS: j´ai vu que le lien vers les photos du precedent article ne fonctionnait pas, c´est maintenant corrige

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2 Réponses à “La pause La Paz”

  1. iso 9001 version 2015 pdf colombia Dit :

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    Répondre

  2. Soeurette Dit :

    N’oublie pas ton tutu kaki pour le titicaca

    Répondre

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