Iber-nations

25 novembre 2016

Carnet de Bord

Malgré plus de 8000 km avalés en a peine 10 heures, on arrive frais à Madrid et on commence à réaliser qu’on est de retour sur le continent européen. Tout est bien propre, bien organisé, et on passe inaperçus au milieu de la faune locale. C’est pas encore la France, mais tout ça rappelle un peu la maison quand même ! Le plan est maintenant de retrouver notre comité d’accueil roulant constitué de 5 Portugais. Point de RDV : un camping situé à la sortie de Madrid. On récupère nos 2 cartons chacun (1 vélo et 1 carton de matos) et les traîne jusqu’au train, puis à travers la gare jusqu’au bus qui nous emmène à San Martin Valdeiglesia. On remonte nos bécanes et on retrouve Rui et Lucia qui nous attendaient déjà sur place. Le reste de l’équipe de choc de cyclistes Portugais arrive bien plus tard, vers minuit et … sans vélos ! Bravo ! Boulette de la part de leur compagnie aérienne, qui heureusement rattrape bien le coup en livrant les bécanes le lendemain aprem. Ca y est on est prêts a repartir sur les routes espagnoles, direction le Portugal.

Rejoints par Zé, Juan et Pedro, nous voilà 7 à tracer l’asphalte à travers la campagne espagnole. C’est aussi un grand moment de retrouvailles pour Tânia, qui n’avait pas revu ces visages depuis des années, et pour moi aussi car je retrouve Rui et Zé, 2 membres du groupe de Portugais avec qui on avait fait 1 mois de route en Turquie et en Géorgie ! Putain ça fait du bien de revoir des potes ! Beaucoup de choses à se raconter, évidemment, mais cette fois en Portugais =)
On roule sur des routes super agréables, bien lisses, sans trous. C’est du billard, et quand c’est pas plat les pentes restent raisonnables, bref ça roule facile et on fait dans les 100km/jour sans trop forcer. La vie de pédaleur nous semble ici vraiment plus simple : on n’a pas besoin d’acheter l’eau, on peut faire les courses partout donc pas besoin de se charger, on trouve des spots super facilement, il y a des panneaux à toutes les intersections et surtout, la bouffe est super bonne !!! Bonjour le fromage, le pain et la charcuterie !!! En plus on a de la chance et on chope presque que du beau temps à l’exception de quelques matinées mouillées.
On roule à un bon rythme car la fête d’arrivée à Benedita, fief de la famille Serrazina, est déjà prévue et le cochon grillé c’est quand même bon quand c’est bien chaud =) Du coup on continue à faire dans les 100km/jour et on arrive assez vite à la frontière Portugaise sur une petite route magnifique qui serpente dans des collines pleines d’oliviers et de chênes-lièges. Moment d’émotion en passant le petit pont qui fait office de frontière Espagne-Portugal. C’est le retour au pays de Tânia ! On passe Castel Branco où on retrouve encore 7 autres cyclistes (dont André et Natalina qui faisaient aussi partie du groupe que j’avais rencontré en Turquie; et ils sont venus d’Allemagne pour l’occasion !) venus raccompagner Tânia: et on n’est plus qu’à 2 jours de route de chez elle. L’intérieur du Portugal est assez vallonné, et si la campagne espagnole nous paraissait plutôt vide, ici c’est carrément presque mort … les petits villages qu’on traverse ne sont habités que par quelques vieux qui nous regardent passer, assis devant leurs petites maisons. La joyeuse bande de 14 que nous sommes maintenant poursuit son bonhomme de chemin, avec quelques pauses dans des « tascas » pour prendre un petit café+pastel de nata. Y’a de l’ambiance sur la route, et y’a de l’ambiance quand on arrive à Gavion où on se fait une bonne bouffe dans un resto après quoi on passe la nuit dans le gymnase des pompiers ! Encore 80km et on arrive à Olhos de Agua où nous attend une nuit à l’auberge, un premier banquet, et des premières retrouvailles avec de la famille et des amis de Tânia.

Ce n’est que le lendemain qu’on fera les 30 derniers km pour rejoindre Benedita, sauf que ce n’est pas à 14 cyclistes qu’on y arrive, mais à plus de 30 ! Au fur et à mesure de la route, le groupe se renforce de tontons, de tatas et de cousins, d’amis etc. Quelle arrivée ! Grandes retrouvailles, Grand banquet, Gros cochon ! Je découvre une famille unie, super simpa et accueillante. Des gens simples, qui ont l’air heureux, qu’on rencontre facilement. Ils sont peut-être une soixantaine réunis ici pour fêter le retour à la maison de la voyageuse ! Tous ces sourires communicatifs sur ces nouveaux visages me mettent tout de suite à l’aise et même avec mon portugais encore tout frais, j’arrive à communiquer un peu.
Apres les festivités, on rentre chez Tânia et on s’écroule après toutes ces émotions et les 5 jours consécutifs à faire une centaine de bornes. Le lendemain matin à 9h00 on est sur la ligne de départ du trail de Fatima : 33km à monter/descendre les petits sentiers caillouteux des collines environnantes ! Mes jambes mettront plusieurs jours à s’en remettre… Après ça on part à Alqueidão manger chez l’un et boire le café chez l’autre, ici c’est le fief de la famille Laranjeiro. Je remarque assez vite qu’au Portugal on aime la bonne bouffe, et j’apprends qu’on y fait du bon fromage et du bon vin !

Le lendemain, Papa et Maman débarquent à Lisbonne et on va chez Ana, la soeur de Tânia, et David fêter nos retrouvailles. On y restera 2 jours de plus à visiter Lisbonne, accompagnés d’Ana qui sera notre guide. On termine en beauté dans un resto où se chante le fado, musique typique portugaise. Puis sans rentrer dans les détails, on part direction Sintra, Salguerinha(célèbre pour sa gastronomie) et finalement Obidos et Salgado où nous attend la fameuse petite maison blanche adossée à la colline. Après le départ des parents, on restera une dernière soirée à Lisbonne pour sortir avec des amis dans un resto chinois clandestin et on ira ensuite se caler une semaine dans la maison de Salgado, au bord de la mer.
Petit trail de 16km la veille de repartir sur les routes, direction… Pacé ! On remonte la côte portugaise, ma bécane ronronne après un changement de transmission et un entretien général. On se régale ! La route est superbe, un peu vallonnée, et il n’y a pas un chat. Dernière nuit sous un toit chez la tante Lourdes et on attaque peu après des bonnes grimpettes. Ici côte rime avec côte…en rentrant vers l’intérieur du pays on attaque les « Serras », et on traverse des forêts ou plantations de pins ou d’eucalyptus (parfois bien cramées). On passe Castanhede, St Pedro do Sul, ici ça n’en fini pas de monter/descendre ! On zigzague de colline à colline et on passe des villages déserts, peuplés seulement de vieux. Beaucoup de maisons fermées, de villages sans commerces. Ces lieux sont souvent repeuplés l’été avec le retour (de France la plupart du temps) des émigrants. La campagne portugaise est assez jolie, et on est content de revoir l’Automne, saison qu’on n’avait pas vue depuis longtemps. On se trouve des petites routes tranquilles et on commence à voir de plus en plus de vignes, et là ça devient vraiment super beau. Ca s’accentue encore quand on rejoint le Douro et sa vallée près de Vila Nova et Foscoa : région célèbre pour son vin. On y trouve aussi des oliviers et amandiers. On choppe de la flotte pour la première fois et on part se réfugier et passer la nuit dans une maison abandonnée qui fait vraiment flipper, avec des traces des sang sur les murs etc. Pas mécontents de quitter cet endroit glauque, on repart pour de la bonne grimpette du côté de Torre de Moncorro avant d’arriver à Bemposta et y retraverser le Douro qui ici fait frontière avec l’Espagne.

« Bienvenue en Espagne ! » nous dit un bon gros vent de face bien froid qui ne nous lâchera pas pendant 2 jours… Ici ca devient beaucoup plus plat et avec le vent constant dans la gueule, on passe des journées un peu pourries. Par contre les petits villages sont plus vivants et plus jolis, avec beaucoup de châteaux, églises, monastères, couvents etc. On se fait quand même bien chier dans cette partie de l’Espagne. Rien à voir sur la route que des champs et encore des champs. Quelques tracteurs. Et du vent de face…
Heureusement ça s’améliore les jours suivants et on commence à se faire un peu moins chier avec l’apparition de quelques collines et d’un peu de végétation. Les nuits sont quand mêmes assez froides. On a nos premières gelées matinales. Juste avant d’arriver à Palencia, on s’installe au sommet d’une colline bien raide, et le matin on a un spectacle Extraordinaire…du jamais vu ! Des nuages bas recouvrent tout ce qui est en contrebas et s’arrêtent au niveau de nos pieds… on est au-dessus des nuages, du monde, sur l’Everest, avec une vue à l’infini sur un parterre de crème et le Soleil qui se lève à l’horizon… le tout à moins de 800m d’altitude =)

Après ça, c’est tout pat, tout droit et avec un bon vent… dans le dos! yeah. On enchaîne les bornes et en un rien de temps on est à Logroño où on va dormir à l’auberge des pèlerins car mauvaise météo et douche bien méritée après 10 jours sans. On fera la connaissance d’autres voyageurs qui font les chemins de St Jacques. Super ambiance. On recroisera ces chemins plusieurs fois par la suite, et à chaque fois on rencontrera des gens cools venus de partout dans le monde, et de tous âges. Le lendemain on retournera dans un hébergement à Estella pour éviter une tempête. On est maintenant dans le pays basque espagnol, et ici niveau fromage/saucisson on se régale ! C’est pas très loin de la France aussi =)
Bref après avoir contourné Pamplone, on grimpe finalement les Pyrénées avec un temps bien bien pourri, on passe le col (environ 1100m d’altitude, je m’attendais à pire) et on descend sous la flotte et avec un foie de canard, euh froid de canard, vers Arnéguy, et là … Tadaaaaaaaa ! c’est le retour en France ! « Bienvenue en France » ne nous dit aucun panneau, aucune indication (mais la pluie et le froid s’en chargent aujourd’hui !). On se traîne sous un temps bien pourri jusqu’à St Jean Pied de Port où on file… à l’auberge des pèlerins. Encore une fois on rencontre des gens supers, une super ambiance. Ca donne envie de partir sur les chemins de St Jacques ! m’enfin terminons avant ce chemin-là. Comme le lendemain le temps est encore plus pourri (neige, pluie, froid, rivières qui débordent etc.) Carlos et Maria, les tonton/tata de Tânia chez qui on voulait aller à quelques 80km de là nous font la très bienvenue faveur de venir jusqu’ici nous chercher avec la camionnette ! Encore un grand merci à eux. Et c’est de chez eux, ici à Nassiet qu’on va rester se requinquer un peu, auprès du feu.

 

Si tout se passe bien, le prochain article sera écrit à Pacé : retour à la maison prévu le 15 décembre. On croise les doigts pour les conditions météo !

 

Bon vent, mais pas trop j’espère !

 

Photos :

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